Welcome to Barakabaho website

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Barakabaho

is a foster care organisation created in 1994 to  assist the genocide orphans and widows. Soon after its establishment; Barakabaho mobilized families to foster orphans and to provide them with a safe environment to heal and transform their lives.Initially, Barakabaho provided emergency relief to the survivors, and in 1997 shifted its efforts to support sustainable economic development with the aim of empowering its members and encouraging self-reliance.

Our four major programs:

 

1.Education (formal and vocational)

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2. Economic development (income
generating activities and agriculture and
livestock husbandry).Captureh

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Healthcare (youth and drug abuse,
HIV/AIDS and trauma counseling).Barakabaho Foundation_Posters.indd

 

4. Advocacy and lobbying for survivors
and other vulnerable beneficiaries.

 

Who we are

Barakabaho is a Rwandan nonprofit organization which obtained legal
personality by the Ministerial Decree No.35/05 of 16 February 1995, updated by the
Ministerial Decree No. 008/11 of 17 January 2003 on non-profit organizations.
Today Barakabaho Foundation is legally certified to operate in the whole country as
granted by the Rwanda Governance Board for compliance with the law No. 04/2012 of
17/02/2012 governing the organization and functioning of national non- governmental
organizations.

Vision

Barakabaho Foundation advocates for a society where vulnerable orphans and
women victims of violence enjoy physical, economic, intellectual, spiritual and
emotional well-being.

Mission

Barakabaho Foundation seeks to integrate orphans headed households and those in foster families in Rwandan Society, on the level of physical, economic, intellectual, spiritual and emotional welfare?

What we do

Barakabaho operates in 12 districts of Rwanda, where over 10,000 beneficiaries have been trained on HIV/AIDS and gender based violence. Since 1997, more than 3,000 orphans have been able to finish secondary school with the support of Barakabaho. The children are given school fees, transport fees and school materials. Barakabaho also provides vocational training in order to facilitate the transition of youth into employment. Recently, it provided seeds and livestock to 300 people in order to promote sustainable agricultural development in the Kayonza district.

 

Current projects and programs in 12
districts of Rwanda:

• Vocational training for 20 orphaned youth who were unable to finish school.

• Sponsorship of 30 orphaned students in secondary school.

• Training on children?s property and inheritance rights

• Campaigns on preventing and controlling HIV/AIDS as well as gender based violence

• Training on agro-pastoral activities

• Cooperative formation and income generating activities

• Sanitation and healthcare

• Fight against drug use

• Advocacy

• Supporting Nyagatare Morning Star Primary School.

 

BARAKABAHO Foundation

Let them live! Qu?ils vivent!

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The Barakabaho Foundation advocates for a society where orphans and vulnerable foster families enjoy physical, mental, intellectual, economic, emotional and spiritual welfare.

 

Contact us:
B.P 2507 Kigali
Rwanda
Tel: +250 788 567 466
Email: barakabahofondation@gmail.com
Or like us on Facebook
http://www.barakabaho.com

 

Le Rwanda

Pays aux milles collines

 

Le Rwanda, également appelé le pays aux mille collines, est un coin de verdure de 26 338 km2, séparé des pays voisins par des volcans, des rivières et de lacs, dont le lac Kivu. Faisant partie intégrante de l’Afrique des grands lacs, le Rwanda culmine à plus de 1400 m d’altitude, et doit sa végétation foisonnante à un climat plutôt tempéré, bien qu’il se situe juste sous l’équateur. Régulièrement alimenté en eau de pluie, et en réserve d’eau, qui compensent les saisons plus sèches (entre juin et août), les paysages sont verdoyants, fréquemment constitués de bananeraies. Le Rwanda est frontalier de la république démocratique du Congo à l’Ouest, de l’Ouganda au Nord, de la Tanzanie à l’Est, et du Burundi au Sud. Sa capitale, Kigali, est au centre du pays, lui-même divisé en quatre provinces  de la Ville de Kigali correspondant aux quatre points cardinaux.

 

La population du Rwanda est supérieure à dix millions d’habitants, à raison de 320 hab./km2, densité parmi les plus importantes au monde. Il n’y a que peu de villages : les habitations sont réparties dans les collines sont faites de brique de terre ocre, ou de briques cuites pour les plus cossues. Seules les parcelles agricoles quadrillent le paysage. De grandes routes rejoignent les grandes villes, comme Kibungo à l’Est, Butare au Sud, Gitarama au centre, Kibuye au bord du lac Kivu, Byumba au Nord, et Kigali la capitale. D’autres routes, plus petites, en terre rouge, conduisent la population au gré des marchés, qui drainent victuailles et productions artisanales, vendues dans des pick-up, sur la tête, ou sur des vélos à la capacité de charge impressionnante. Lorsque les distances sont plus longues, les Rwandais utilisent des taxis au nombre de places plus ou moins limitées.

 

La principale activité est liée à l’agriculture, l’élevage, la chasse et la pêche, dont de nombreux éléments sont les symboles traditionnels du pays : la vache et le lait, la lance, la houe, l’arc, le vin de banane et la bière de sorgho, les paniers tissés. L’industrialisation reste faible, mais les services se développent, ainsi que le secteur du bâtiment, notamment à Kigali. Cependant, le contraste reste fort entre le paysage des grandes villes et celui des campagnes, où l’eau courante et l’électricité font cruellement défaut.

 

Originairement axée sur la croyance en un dieu unique, Imana, et sur un système de clans familiaux, ou lignages, régis par un roi, le Mwami, la population rwandaise est chrétienne dans 90% des cas. Cependant, la richesse de sa culture propre reste très présente : les récits oraux ont contribué à la conservation de la langue, le kinyarwanda, malgré l’officialisation du français  et de l’anglaise Cette même oralité a permis de préserver chants, proverbes, danses au rythme des tambours. De même pour les mariages, où la dot est payée par le fiancé à ses futurs beaux-parents, à l’occasion d’une mise en scène pleine d’humour.

 

Imana yirirwa ahandi igataha i Rwanda : Dieu passe ses journées ailleurs, mais il rentre au Rwanda.

 

Quid à l’éthnisation du pays

 

ENTRE TUTSIS ET HUTUS, UN RAPPORT DE SUPERIORITE PREFABRIQUE

Bien avant la colonisation du Rwanda par les Belges, il a été dit que la population rwandaise se divisait en trois classes : les Hutus, les Tutsis, et les Twas. Mais en réalité, personne ne connaît encore leurs origines. Et quelle importance ? Elles parlaient la même langue, les mêmes croyances, la même culture. Le mélange de ces ethnies par des mariages n’était pas rare. C’est à l’arrivée des colons dans l’histoire rwandaise, que la distinction socio-professionnelle entre les Hutus et les Tutsis s’est installée : les colons allemands, puis belges, impressionnés par l’organisation politique de la monarchie rwandaise des années 30, décrètent une ethnie supérieure à l’autre. Conférant aux Tutsis, par une sélection bien artificielle, une noirceur de peau modérée, une plus grande taille, une allure plus altière, les colons leur donnent le privilège de l’enseignement et des avantages sociaux. Est donc évincée, dès cet instant, la notion d’ethnie, au profit de castes fonctionnant sur un système féodal.

 

Les Hutus sont majoritaires en nombre : 83% contre 14% pour les Tutsis. Selon l’histoire coloniale imposée et enseignée au Rwanda, faisant fi de la culture orale et traditionnelle ,tutsi voudrait dire « tombé du ciel », avec la dimension sacrée qu’elle suppose pour une population chrétienne, et hutu « trouvé sur place ». C’est ainsi que, à partir des années 30, les Tutsis sont déclarés supérieurs aux Hutus, sur des critères raciaux sans aucun fondement.

 

En 1959, neuf intellectuels appartenant à l’ethnie, devenue caste, hutue, publient un manifeste qui signe l’avènement d’une action politique : le Manifeste des Bahutu.Maximilien Niyonzima, Grégoire Kayibanda, Claver Ndahayo, Isidore Nzeyimana, Calliope Mulindahabi Godefroy Sentama, Sylvestre Munyambonera, Joseph Sibomana et Joseph Habyarimana, signent ensemble des revendications sociales telles que l’émancipation du Rwanda, la promotion intégrale et collective du peuple, et la volonté constructive et saine d’une collaboration. Ils insistent sur la promotion sociale des Hutus, en revendiquant la suppression du servage et le droit à l’éducation. Intrinsèquement, c’est la monarchie tutsi qui est montrée du doigt, et la dimension raciale qui donne à ce manifeste toute sa dangerosité. Dès lors, Grégoire Kayibanda crée le Mouvement social Muhutu, qui devient ensuite le Parmehutu, et Joseph Habyarimana l’APROSOMA (Association pour le promotion sociale de la masse). Les Tutsis commencent alors à se sentir menacés.

 

La Belgique, dès 1946, s’était engagée auprès de l’ONU pour mener le Rwanda vers l’indépendance. Devant les vœux d’indépendance des Tutsis, les Belges inversent la tendance au profit des Hutus, qui déchoient le roi tutsi et prennent le pouvoir. Émeutes, pillages, meurtres, marquent l’exil des Tutsis vers les pays voisins Ouganda ,Burundi ,Congo. En 1961, le Rwanda est indépendant, et Kayibanda est élu président de la première république. La répression face aux attaques tutsies est terrible, des milliers de personnes périssent dans les massacres.

 

En 1972, suite à leur expulsion du monde de l’enseignement, les Tutsis vivent un deuxième exode. En 1973, Habyarimana renverse Kayibanda, et fonde le MRND (Mouvement révolutionnaire national pour le développement), assisté militairement par la France. En 78, il instaure un régime à parti unique.

 

De 1987 à 1993, les livraisons d’équipement militaire sont régulières. Le Rwanda s’arme pour une guerre fratricide. Les Tutsis exilés en Ouganda créent le FPR (Front patriotique rwandais), et entrent en force par le Nord dans le pays. La France, le Zaïre, la Belgique s’affairent pour évacuer et rapatrier les Occidentaux. En 1991, Habyarimana fait changer la constitution pour une politique multipartiste. Il contrôle l’armée et l’économie du pays, et s’engouffre dans une politique de propagande anti-tutsie, auto-proclamée Hutu power : création du CDR (Coalition pour la défense de la république), des milices Interahamwe, de la RTLM (Radio des milles collines) qui clame l’extermination de la population tutsie et une terrible répression pour les Hutus qui ne respecteraient pas « Les dix commandements du Hutu » du journal Kangura. Les combats au Nord sont nombreux, et génère le déplacement de la population vers Kigali.

 

1993 marque les accords d’Arusha, processus de paix prévoyant le retrait des troupes françaises et l’organisation du retour des Tutsis au Rwanda.

 

Le génocide

HISTORIQUE

 

Machettes, gourdins cloutés et houes sont les instruments du massacre de plus de 800 000 Tutsis et Hutus modérés selon l’ONU. Mais c’est sans compter les naissances qui n’ont pas d’état civil. Au total, c’est probablement un million d’hommes qui sont exterminés, de femmes qui sont violées, éventrées, d’enfants qui sont tués. La consigne est claire : ne laisser aucune chance. Les voisins tutsis, les amis hutus qui se côtoyaient avant, dans une atmosphère de paix et de tranquillité, n’existent plus.

 

Pendant trois mois, les arrestations et les massacres n’auront de cesse de se reproduire, de s’amplifier. Les troupes miliciennes regroupent les individus dans des lieux publics, écoles, stades, églises, et tuent, violent, torturent, terrorisent. Soutenus par le gouvernement intérimaire, qui appelle « au travail », c’est-à-dire à l’extermination, le peuple rwandais, les exécutants sont nombreux, et excellent en cruauté.

 

DES VICTIMES PAR MILLIONS

Le génocide et la guerre ont amputé le Rwanda d’une force vive, celle d’hommes et de femmes travailleurs, époux, parents et responsables d’une famille. Mais, à plus long terme, c’est une, deux, voire trois générations de Rwandais qui vont devoir se relever de cette tragédie. Sur le champ d’une bataille perdue d’avance, conduite par des individus qui du jour au lendemain se sont métamorphosés en monstres, par des hommes qui étaient voisins, parents, référents sociaux et culturels, contre d’autres déclarés différents et indésirables, sur ce champ de bataille, ceux qui sont restés, ceux qui ont survécu, parce qu’ils se sont cachés ou ont été cachés, ce sont des femmes, des enfants, dans les yeux desquels la vie n’existe plus. La vie, avec ses codes sociaux, jusqu’alors immuables, avec ses valeurs, jusqu’alors respectées par tous, la vie telle qu’elle était connue auparavant n’est plus la même. Les massacres ont laissé la place à un charnier de corps et de structure sociale qui n’ont plus de sens, et ont été l’avènement d’une nouvelle ère porteuse de famine, de détresse, de maladie, de psychose dont les survivants ne sortiront pas de sitôt. Lorsque l’on parle d’un million de victimes, il faut en réalité multiplier par dix l’impact du génocide sur le Rwanda

 

ASSOCIATION  BARAKABAHO

 

Historique

 

La guerre et le génocide ont marqué de manière indélébile le Rwanda en 1994 : massacres, violences, pillages, tel est le terrible spectacle auxquels ont été soumis les enfants rwandais, qui ont perdu toute valeur familiale, affective, éthique, morale, et tout repère psycho-sociologique. Les femmes n’ont pas été épargnées, et nombreuses sont celles qui ont subi des violences physiques et sexuelles.

 

Face au nombre cruellement élevé d’une population si traumatisée, Monseigneur Alexis Bilindabagabo lance l’idée, dès 1994, d’une association qui vienne en aide à ces enfants, orphelins livrés à eux-mêmes et démunis, et à ces femmes pour lesquelles tout est à reconstruire. Ainsi naît la fondation Barakabaho, association à but non lucratif, le 3 décembre 1994. Elle obtient la personnalité juridique par arrêté ministériel N°35/05 du 16/02/1995 ; modifié et remplacé par le décret ministériel n°008/11 du 17 janvier 2003 de la loi N°20/2000  du 26 juillet 2000 régissant les associations sans but lucratif.

La fondation Barakabaho intervient dans les 3 Districts de la Ville de Kigali (Nyarugenge, Gasabo et Kicukiro), Kayonza et Rwamagana en Province de l’Est, Ruhango et Nyanza au Sud ainsi que Karongi et Rutsiro à l’Ouest.  Son siège social  se trouve dans la ville de Kigali, District Gasabo, Secteur Remera. Sa mission est d’intégrer dans la société rwandaise des enfants orphelins vivant seuls, et ceux accueillis dans les familles d’accueil, ainsi que les femmes victimes de violences. Pour cela, son objectif est d’apporter un bien-être physique, moral, intellectuel, économique, spirituel et affectif, à ces futurs bâtisseurs d’un nouveau Pays.

 

 

Les activités de l’Association

Par où commencer lorsque tout est à refaire ? Comment pallier l’urgence, et en même temps songer à l’avenir ? La fondation Barakabaho a orienté ses actions en fonction des besoins qui sont rapidement identifiés après le génocide, et qui sont liés aux problèmes de  logement, de santé, de pauvreté. Pour cela, elle a adopté les stratégies suivantes : emploi de personnel convaincu par la cause de la fondation ; formation et perfectionnement du personnel ; création d’un réseau entre la Fondation, les familles d’accueil et les enfants orphelins ; création d’antennes volontaires et de comités de bénéficiaires dévoués ; recherche de financements et soutien aux projets socio-économiques générateurs de revenus pour les bénéficiaires.

 

Ainsi, pour ces activités, la fondation Barakabaho a mis en place des services gérés par un personnel professionnel appuyé par des bénévoles compétents.

 

LE SERVICE DE SUIVI  – DEVELOPPEMENT

 

À l’instar des autres services de la Fondation, qui dès le début ont accueilli dans une situation d’urgence les orphelins et les femmes victimes du génocide, où les besoins et les actions étaient immédiats, le service de suivi a connu une évolution dès 2000, vers un souci de développement en conformité avec la politique nationale. Reconstruire sur du long terme, tout en palliant les urgences et détresses quotidiennes, telle est la ligne de conduite de la Fondation Barakabaho. Il est donc nécessaire, pour que la population rwandaise se reconstruise, de l’orienter sur des pistes qui tiennent compte de ses besoins : logement, santé physique et psychique, pauvreté.

 

Le service de suivi identifie ainsi les bénéficiaires pour envisager un appui matériel, spirituel ou psycho-social, et se décompose en plusieurs types d’interventions :

– Assistance socio-affective et counselling-   Formation-   Favorisation des micro-projets générateurs de revenus-   Promotion socio-culturelle-   Prévention contre le sida.

L’accent est mis également sur les orphelins chefs de ménage, qui chaque année arrivent plus nombreux à la Fondation Barakabaho. Des réunions sont organisées chaque mois pour ces enfants, par un assistant social. La première victoire est toujours celle de pouvoir, ne serait-ce qu’approcher ces enfants qui, traumatisés par un quotidien et des valeurs anéantis par le génocide, ont bien du mal à faire confiance aux adultes.

 

Ce service veille d’autre part au bien-être des orphelins placés en famille d’accueil. Des permanences sont proposées pour des consultations médicales, et des visites sont effectuées auprès des familles. Chacune d’elle fait l’objet d’une orientation, au besoin, de la personne vers d’autres services.

 

Cependant, considérant que le Rwanda doit s’engager vers sa reconstruction culturelle et économique, la Fondation Barakabaho oriente ses actions sur la notion de développement durable. Il est important de dire que même les plus démunis ont une volonté forte d’être économiquement actifs, et autonomes, mais sans moyens de base, cette dynamique est vaine. Aussi, la Fondation met-elle en œuvre des financements de projets, initiés par les familles d’accueil et les enfants chefs de ménage. La Fondation Barakabaho agissant principalement dans les zones rurales, où la détresse affective, sociale, sanitaire et économique est d’autant plus présente, les domaines d’activité concernés sont l’agriculture, l’élevage, le commerce, la pêche et l’artisanat.

 

La quasi totalité des bénéficiaires suivent une formation proposée autour de quatre thèmes : méthodes de gestion, notions de comptabilité élémentaire, élaboration d’un projet générateur de revenus, vie associative. La Fondation Barakabaho apporte ensuite, en fonction des projets, un appui matériel : dans le domaine de l’agriculture par exemple, elle distribue engrais, semences, produits phytosanitaires, matériel agricole.

Toujours dans le cadre de les aider à découvrir leurs valeurs socio – culturelles et ainsi s’intégrer facilement dans la société, une série de formations leur a été réservées : Droits de l’homme (de l’enfant en particulier), Unité et réconciliation, Prévention et lutte contre le VIH/SIDA sans oublier d’autres maladies sexuellement transmissibles.

 

D’autre part, face à l’insuffisance nutritionnelle des légumes cultivés traditionnellement, la fondation a souhaité encourager la culture de légumes et de fruits, afin d’assurer aux orphelins une meilleure hygiène alimentaire, et donc une meilleure santé. Ainsi, des cours sont animés par des agronomes, qui enseignent des méthodes de culture basées sur la notion de développement durable, en corrélation avec d’autres domaines d’activités, tels que l’élevage ( vaches, chèvres et poules), encore trop peu présent : l’élevage permet un apport de lait, protéines animales, mais également une production de fumier pour les cultures, source d’engrais non négligeable.

 

En outre, la Fondation Barakabaho octroie à certains bénéficiaires des crédits délivrés par les bailleurs de fonds que sont nos partenaires:  en 2001, par exemple, un projet d’appui aux activités agro-pastorales en faveur des orphelins vivant seuls ou en famille d’accueil, à Muhazi, Kabarondo et Kibungo, a recueilli 18 207 347 FRW (soit environ 23 000 €). Un groupe de 240 orphelins a bénéficié de ce projet. Au cours de leur formation, ils ont été  sensibilisés au système du crédit, dont le remboursement et le respect des engagements participent de la réussite d’autres microprojets générateurs de revenus. La Fondation engendre ainsi un système communautaire dont l’intérêt est pluriel : les orphelins, en se rapprochant d’autres jeunes Rwandais, sortent de l’isolement ; ils redécouvrent la notion de vie sociale ; ils reprennent confiance en eux et en l’adulte ; ils redécouvrent des valeurs affectives, relationnelles, associatives.

 

LE SERVICE DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE

 

Ce service poursuit deux objectifs : assister les orphelins fréquentant le milieu scolaire, et encourager ceux qui ne le fréquentent plus à le réintégrer. Pour cela, la fondation Barakabaho apporte une aide financière ou matérielle :  matériel scolaire et prise en charge des frais de scolarité et de déplacements.

 

Plus de 2,3 millions d’enfants orphelins, âgés de 7 à 17 ans, ont été recensés au Rwanda. Ce sont moins de 1000 enfants que, chaque année, la fondation peut soutenir. À ces écueils financiers et de moyens, se superposent la pauvreté, le Sida, et le traumatisme de certains enfants qui ne disent qu’à demi-mot ce dont ils ont pu être les témoins dans certains établissements, pendant la guerre, et que l’école terrorise.

 

Lorsque la Fondation parvient à intégrer ces enfants à son programme de scolarisation, elle prévoit parallèlement des ateliers d’éducation civique, morale ou sexuelle. Ces rencontres sont généralement l’occasion pour les orphelins de se retrouver, d’entrer dans une démarche d’ouverture et de partage d’expériences, et de redécouvrir des valeurs qu’ils avaient oubliées.

 

En ce qui concerne les enfants qui ne suivent pas le cursus scolaire, des formations professionnelles sont organisées, autour de domaines tels que la mécanique, la couture et la soudure.

Actions sur terrain
La première année  de Barakabaho a été consacrée à l’urgence, à partir de la deuxième,
la phase de développement s’imposa comme une necessité. Au fil des années et des expériences, les projets se sont superposés, ajoutés aux autres, et ont ainsi permis d’embrasser l’ensemble des cibles visées par la fondation, à savoir les orphelins et les femmes victimes de violences pendant le génocide et la guerre. Mais ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, et l’ampleur des problèmes liés à la seule survie de nos bénéficiaires se situe bien au-delà de nos possibilités. Des actions, des projets sont donc amorcés, puis concrétisés, dans la mesure du possible : dans un premier temps, la question de la survie des orphelins et des familles a été prioritaire. En milieu rural, la détresse, l’abandon, la misère, le dénuement, la famine et la maladie sont des facteurs post-génocide cruellement meurtriers. Nous avons donc pu apporter des vivres de première nécessité à quelques centaines de familles (farine de maïs, riz, haricots, savons, gobelets, etc.) et placer, en 1996, 7111 enfants dans 1468 familles d’accueil des zones rurales du Rwanda (Kigali rural, Gitarama, Kibungo, Butare). En moyenne, entre 5 et 10  orphelins sont placés par famille, d’où l’absolue nécessité pour la fondation de leur assurer un minimum de soutien. En 1997, une étude a été réalisée, recensant au Rwanda 300 000 orphelins vivant seuls sans adulte, dont la détresse et l’isolement sont insupportables. Nous avons pris la mesure de la qualification « orphelins chefs de ménage », avec toute la vulnérabilité qu’elle suppose, et proposons chaque année, depuis, des rencontres, des réunions autour des droits de l’enfant et de la femme, autour de la prévention du Sida et de la prise en charge des malades, autour de la réconciliation nationale et la cohabitation pacifique entre les différentes couches de la société rwandaise, autour de l’organisation et de l’intégration familiale et sociale des individus. Mais, pour employer une autre image, nous ne traitons que la partie visible de l’iceberg… une infime partie. Nous avons, au fil de nos expériences, de nos constatations, de nos bilans, mis en place des stratégies en phase avec la politique nationale, qui a misé sur le développement : formation et financement de projets générateurs de revenus, scolarisation et formation professionnelle des enfants. Chaque année, ces derniers bénéficient d’un programme de scolarisation, avec un budget et des effectifs variables : en 1996-1997, 679 élèves et 7 millions de FRW (soit 9100 €) ; en 1998-1999, 910 élèves et 3,5 millions de FRW (soit 4500 €) ; en 2002, 394 élèves et 3 millions de FRW (soit 3900 €). Puis, nous avons constaté que notre service de santé ne désemplissait pas d’individus présentant des problèmes, des pathologies, des troubles directement liés au traumatisme du génocide et de la guerre. Nous avons donc travaillé en collaboration avec des professionnels sud-africains, du centre Trauma counselling : des entretiens individuels et collectifs ont été réalisés pour donner la parole à ces personnes déconnectées de la notion de vie sociale et affective. Par conséquent, la fondation Barakabaho a orienté ses actions vers la notion d’association, de collectivité. Comprendre et faire comprendre que l’union fait la force, que l’entraide est génératrice de bienfaits sociaux, affectifs et économiques, a contribué au développement de micro-projets, et à une orientation progressive vers l’autonomie des individus et des groupes. À travers la mise en place et la réalisation de ces projets, la fondation espère voir renaître au Rwanda des valeurs sociales anéanties par le génocide. Tout est à reconstruire, dans tous les domaines, et la fondation accompagne les orphelins, qui sont les adultes et les parents de demain, pour parvenir, même à toute petite échelle, à cette reconstruction. Nous travaillons d’autre part sur l’éducation à la culture de la paix, à l’occasion d’événements tels que le Deuil national, la Marche pour l’enfant organisée par l’association Tumurere*, ou la Journée de l’enfant africain en 1999.  En 2006, il nous a paru nécessaire d’établir un plan stratégique triennal, afin d’inscrire la prise en charge des veuves et des orphelins de la fondation dans la politique nationale, dont les objectifs sont la réduction de la pauvreté, le souci de développement, la lutte contre le sida et autres maladies endémiques. Nous avons pu ainsi poser nos forces et nos faiblesses, nos compétences et nos contraintes. Nous avons pu nous identifier clairement, et rebondir sur un plan d’actions concentrées autour de thèmes chers à la fondation : formation des orphelins, promotion des activités agricoles et autres, lutte contre le sida, renforcement de la notion d’association, protection des droits des veuves et des orphelins. Ces axes, ainsi définis, sont encore nos fers de lance aujourd’hui.

NOS PROJETS

Chacune de nos actions est motivée par la volonté de donner à nos bénéficiaires les possibilités d’un bien-être physique, matériel, affectif et spirituel. Notre nouveau plan stratégique, quadriennal cette fois-ci, tend toujours vers cette objectif. Pour 2009-2012, nous avons ciblé nos actions autour des projets suivants :-   promouvoir l’éducation des enfants orphelins scolarisés et non scolarisés ;-   renforcer les capacités professionnelles et de perfectionnement du personnel et des bénéficiaires de la fondation Barakabaho ;-   améliorer la situation économique des orphelins vivant seuls et dans les familles d’accueil, à travers des activités agro-pastorales, artisanales et génératrices de revenus ; –   améliorer les conditions socio-sanitaires des enfants orphelins dans la zone d’intervention de la fondation ;-   améliorer le rendement des programmes de Barakabaho. Les réalisations de la fondation et les informations diverses seront publiées et diffusées par plusieurs voies : dépliants, livrets, actions de plaidoyer, affiches, réunions de partenaires et bailleurs, rapports d’activités. Quinze ans après le génocide, nous nous heurtons à des écueils qui sont hélas grandissants : les indicateurs socio-économiques font état d’une pauvreté profonde et croissante, d’une insécurité alimentaire dans les familles, d’une pression démographique élevée, et d’un niveau d’investissement assez bas, et enfin de techniques agricoles aux rendements insuffisants. De plus, les interventions réalisées pour pallier l’urgence ont engendré un état d’attentisme et de dépendance dans nos provinces rwandaises, ce qui freine gravement la volonté de développement. Certains comportements liés à une culture traditionnelle augmentent encore la difficulté à stabiliser une situation désastreuse : le virus du sida continue de s’étendre avec les naissances, la contraception est encore taboue, la consommation de viande malgré le développement de l’élevage reste minime.  L’écueil financier, enfin, est d’une cruauté insupportable : les moyens manquent trop souvent pour permettre à des familles, des orphelins, des veuves volontaires, de créer ne serait-ce qu’une ébauche d’activité source de revenus.

 

 

Partenaires

C’est grâce à de nombreux partenaires que nous avons pu et pouvons encore mener certains de nos projets à bien, et nous les en remercions grandement.
Unicef
Christian AID
CICR (Comité international de la Croix rouge)
Anglicord
ONG, locales : Ibuka, Avega, Tumurere, Uyisenga n’Imanzi
MIGEPROF(Ministère du genre et la promotion féminine)
PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement)
FAO (Food and agriculture organization)
FARG (Fonds national d’assistance aux rescapés du génocide)
PAM (Programme alimentaire mondial)

Pro femmes Twese Hamwe
CPR (Conseil Protestant du Rwanda)TRAC…

Nous remercions enfin toutes les personnes bénévoles qui se démènent pour accompagner et soutenir au quotidien nos bénéficiaires.